Séance n°1 Equipe projet Créatinove « la Facilitation : un art du possible »
Isabelle Normand | Actualité 2010/2011, Projet Mobility Planet - Créatinove | Mardi 12 octobre 2010
Nous avons constitué une équipe pour imaginer un évènement qui allie Art, Management et technologie sur le thème de la « MOBILITE »…Elle se compose d’une équipe pilote (13 personnes à Lille et 6 à Paris) renforcée par des membres associés au projet (régulièrement ou ponctuellement). Ce travail en équipe se joue des contraintes de distances puisque grâce aux technologies du web nous travaillons, échangeons, partageons, collaborons par visio entre Paris et Lille.
Dans cette première séance, nous avons choisi de travailler sur la Facilitation ; le rôle du « facilitateur » dans un projet, en entreprise.
Nous avons choisi d’accorder du temps pour trouver du SENS
- le sens que chacun a de la mobilité (certaines personnes du groupe ont d’ailleurs pu repérer des affinités de sens et d’intérêts pour explorer tel ou tel aspect de la mobilité)
- le sens que chacun a de l’échange, du partage, de la contribution, de l’ intelligence collective et de la confiance
- la prise de conscience de nos richesses respectives, de nos singularités, de nos complémentarités
- le fait de partager, contribuer, être véritablement acteur impliqué ne va pas de soi, ne peut-être décrété, et qu’il y a des freins individuels, collectifs, qu’une nouvelle culture du travail, de l’apprentissage doit être créée…
Comment ? via une première phase de FACILITATION
Si nous plongeons dans un ouvrage de management La facilitation des changements organisationnels » J.Bec,F. Granier,J.Singery. Edition L’Harmattan, 2007, nous pouvons lire que : » la facilitation s’appuie sur la reconnaissance irréductible de la complexité des systèmes organisés et sur une grande modestie dans le pilotage des évolutions. Elle est décrite comme un « art du possible » qui vise à répondre aux exigences économiques auxquelles les organisations doivent faire face par un développement plus harmonieux des relations sociales.
Nous n’avons pas choisi de passer par le concept fort abstrait mais d’imaginer une séance pour vivre la facilitation.
Petit brainstoming sur le terme et le rôle d’un facilitateur/trice en entreprise, puis mise en situation sur quelques termes : contribution, échange, partage, confiance, intelligence collective
Création d’un jeu de carte personnalisé pour se présenter et jeu en commun effectué avec le campus de Paris pour valider effectivement notre contribution, partage des richesses, frein au partage et à l’intelligence collective…
Le prolongement de cette séance ?
- Travail sur le potentiel créatif des différentes personnes de l’équipe (leurs possibles) et un lien à terme vers leur portfolio
- La naissance des habitants de la planète avec leur singularité (profil virtuel), leurs richesses et complémentarités [à venir]
- Une expérience à découvrir pour prolonger la réflexion : le Marshmallow challenge …ça vous inspire quoi ?
Je vous laisse lire les commentaires des étudiants sur la séance et découvrir les photos de la rencontre.
>>Prochaine rencontre, cette semaine, nous allons travailler sur la multidimensionnalité d’un projet : le jeudi 7 octobre de 13h à 17h


Commentaire de Mathieu
Qu’est-ce qui s’est passé concrètement ?
Tout d’abord un travail de réflexion sur le partage et la contribution, que nous avons effectué par visio avec l’équipe de Lille. Pour nous, partager c’est répartir ou diffuser une chose, une idée, au sein de toutes les personnes d’un groupe. Cette chose ne vient pas forcément de nous, on peu partager le travail de quelqu’un, une idée déjà existante. Contribuer, c’est ajouter sa pierre à l’édifice, participer, aider à la réalisation d’un projet. Par analogie, lorsqu’on contribue cela vient de nous même et non pas d’un contenu extérieur. Nous avons illustré cela grâce à un cadavre exquis : chacun contribue à la création d’une histoire en écrivant une phrase, puis ces phrases sont mises bout à bout pour former un tout qui est partagé par l’ensemble du groupe. Nous avons ensuite réfléchis sur nous même, sur nos points forts, nos rêves, nos passions mais aussi ce qu’on cherche chez les autres pour atténuer nos défaut ou les corriger. Cela a permis de nous connaitre, mais aussi de nous mettre en relation, de construire des liens entre nos passions, nos projets, nos qualités.
Qu’est-ce qu’un facilitateur ?
Pour moi le facilitateur nous permet de décupler notre réflexion et notre active participation au sein du projet. Il nous permet d’articuler nos idées de façon optimale, pour rendre une idée, une réflexion, concrète et compréhensible de tous.
Quel est votre ressenti ?
Après midi très sympathique qui a permit de mieux nous connaitre et de découvrir l’équipe de Lille. Nous avons aussi mieux compris les objectifs et le fonctionnement du projet : optimiser le travail en groupe, la collaboration et le partage pour que chacun exprime ses idées, ses questions. Cela nous permet d’être actifs, créatifs et donc de travailler de façon efficace.
Commentaire de Florence
« - Qu’est-ce qui s’est concrètement passé ? 2 phases: facilitation autour du terme contribution et réflexion sur son moi et des compétences que vous pouviez proposer.
La séance a commencé par un petit échauffement autour des termes « contribution » et « partage ». Rapidement ont fusé les mots « réciprocité », « confiance », « engagement de soi », « implication ». Puis est venue la phase de concrétisation, de la représentation visuelle. Tout naturellement, pour le partage, l’idée de découper un gâteau semblait le plus révélateur de ce qu’est le partage et des valeurs qu’il engendre. S’agissant de la contribution, nous nous sommes lancés dans un jeu du cadavre exquis et tour à tour nous avons inscris une phrase sur une feuille en prenant bien soin de la cacher à chaque fois. Le résultat? Eh bien une histoire qui tient plutôt la route, à croire que l’équipe parisienne est déjà connectée…
S’en est suivi un travail sur nous même. Nous devions attribuer à une carte de jeu une facette de notre personnalité. Nos rêves, nos passions, nos lieux de prédilection, nos moyens pour déconnecter,… il s’agissait de nous présenter de la manière la plus complète possible pour se découvrir les uns les autres mais aussi pour se rapprocher. Ainsi, des aficionados de la mer se sont retrouvés, des passionnés de musique ont échangé deux trois mots et des voyageurs ont planifié leur prochaine destination.
Puis, après avoir découvert les univers de chacun, une réelle foire aux savoir faire s’est mise en place. Une monnaie d’échange a été créée: une carte contre un savoir-faire, l’option d’une deuxième monnaie d’échange à savoir donner des sourires voire des bisous a été toutefois retenue pour celles et ceux qui ont très envie d’apprendre des tas nouvelles choses. C’est vrai qu’il était tentant de dépenser tout ce que l’on avait tant les offres étaient nombreuses et alléchantes: cours de cuisine, cours de danse, cours de guitare, cours de sport, visites culturelles…
- Qu’est-ce que pour vous le rôle d’un facilitateur?
Un facilitateur est en quelque sorte un Socrate des temps modernes. Ainsi, ce maïeuticien nous aide à voir notre environnement différemment, à penser autrement afin de mieux appréhender les choses, d’élaborer de nouvelles solutions et quelque part de nous découvrir aussi.
- Quel est votre ressenti en sortant de cette séance?
A la sortie de cette première séance, je pense que l’on se rend davantage compte que nous avons tous quelque chose à offrir et que nous avons tous besoin des autres pour avancer dans nos projets. Selon nos compétences et goûts respectifs, nous pouvons tous à notre tour être des facilitateurs pour les autres. »
Commentaire de Pierre
1) qu’est ce qui s’est passé concrètement? 2 phases : facilitation autour du terme contribution et réflexion sur son moi et des compétences que vous pouviez proposer.
Réflexion sur son moi : le fait de me demander quelles sont les compétences que je peux transmettre aux autres permet de se rendre compte qu’on est uniques et que du fait de cette unicité, nous pouvons faire profiter aux autres de nos capacités, et donc se rendre utiles au sein de notre entourage. On peut ainsi comprendre qu’on peut être soi-même acteur dans un groupe et non pas spectateur. Cependant, ceci ne peut se faire que si on est conscient de notre capacité à transmettre des choses aux autres. C’est pourquoi cette réflexion sur soit fut très utile, car on a pu se demander ce qu’on pourrait apporter dans notre entourage.
2) qu’est ce que pour vous le rôle d’un facilitateur ?
(Je n’atais pas présent lorsque vous avez fait la facilitation mais je crois avoir compris de quoi il s’agit d’après ce que m’en ont dit les autres) : Pour moi un facilitateur est une façon d’exprimer une idée abstraite à travers quelque chose de concret. Car en effet une idée n’est pas toujours exprimable par les mots.
3) quel est votre ressenti en sortant de cette séance ?
Cette séance m’a permis d’en savoir plus sur moi-même, de plus j’ai pu comprendre à travers le petit jeu qu’on a réalisé en visio avec Lille que le projet dans lequel on s’engage pourra se réaliser grâce à la mise en commun et à l’utilisation des qualités de chacun, ce qui donnera une certaine richesse à ce projet.
Commentaire de Linda
Jeudi 7/10, séance de réflexion, enfin de « facilitation », autour de plusieurs thèmes « abstraits » tels que la confiance, la contribution, le partage et la réflexion de soi.
Cette réflexion a pris une forme ludique, tout en gardant un minimum de sérieux nécessaire à une réflexion un peu poussée.
Prenons un exemple d’exercice / de jeu (j’ai plutôt perçu cet exercice comme un jeu).
Par exemple, comment définir la contribution?
Nous proposons tour à tour une définition appropriée de ces mots, chacun apportant un élément ou un sens nouveau dans chaque définition proposée afin d’en avoir une très complète. [Dans ce contexte, on aurait très bien pu dire que notre groupe parisien a contribué à une définition et donc à une conceptualisation du thème contribution. Sans le savoir, on était déjà dans une conceptualisation du mot contribuer (chacun apportait une nouvelle idée) alors qu’on commençait tout juste à le définir et je pense que c’est justement une conséquence de la facilitation].
Dans un esprit de facilitation, cette définition, ce « faire vivre » du mot a été construite en plusieurs étapes.
Première étape : [Sorte de brainstorming]
Notre groupe a fait émerger une idée globale du mot.
Ensuite, grâce à cette idée, nous avons essayé de la conceptualiser, c’est-à-dire de faire vivre une idée abstraite en idée concrète grâce à une image ou plutôt à une visualisation du mot.
Pour nous, une expression illustrait bien cette notion de contribuer « Ajouter sa pierre à l’édifice ».
Comment maintenant conceptualiser cette expression ? Non pas en construisant une maison de pierre dans laquelle chacun pourrait rajouter un caillou en disant j’ai contribué à la construction d’une maison, mais en le conceptualisant de manière différente, en contribuant à une histoire ou chacun écrirait une phrase du récit. On peut conclure que par-là, chacun a pu contribuer à cette histoire.
Deuxième étape : Rôle du facilitateur
La facilitatrice nous a proposé un jeu. Avec dix billets de monnaie fictifs, quelles compétences étions-nous prêts à acheter ? Est-ce que nous étions prêts à tout dépenser pour acquérir une compétence ?
Ce jeu anodin nous a permis de voir la notion de contribution sous un angle différent.
En proposant une compétence, chaque personne contribuait à l’amélioration d’une performance individuelle ou de groupe par justement l’apport d’une compétence qui lui était propre.
Elle contribuait aussi à une sorte de partage en groupe, c’est-à-dire qu’elle contribuait à la vie en groupe par une compétence qu’elle était prête à partager. On peut aussi introduire un terme de confiance, car partager nécessite un minimum de confiance, donc on peut conclure qu’une confiance au sein du groupe s’est installée.
Nous n’étions pas limités par l’argent que cela nous coutait car notre envie d’apprendre était plus importante que de l’argent. Pas seulement l’envie d’apprendre, mais aussi l’envie de faire partie d’un groupe qui partage ensemble et qui apprend ensemble.
En ayant une différente conception de ce qui s’est passé après quelques jours, on se rend compte du travail et de la vraie valeur du facilitateur.
Qu’a fait le facilitateur ?
Il nous a permis de travailler en groupe, de tisser des liens, d’échanger des idées entre nous et a permis une vraie cohésion du groupe. En effet, il a contribué à cet esprit de groupe en proposant un jeu anodin où tout le monde était volontaire, voulait participer à cette nouvelle vie de groupe.
Ce jeu a permis aussi de conceptualiser quelque chose qui n’est pas facile à conceptualiser.
Comment ? Certes en proposant un jeu anodin, mais aussi on nous poussant à poser les bonnes questions et à réfléchir encore plus sur ce qu’on aurait jamais pensé être possible.
En ce qui concerne le travail sur le moi, ce jeu (car oui c’est toujours un jeu) nous a peut-être permis de nous poser les bonnes questions sur notre nous.
Définir une personnalité, et nous lier avec d’autres personnes qui ont des points communs avec vous peut faciliter l’émergence d’idées nouvelles, qui sont complémentaires, par la confiance tout d’abord, mais aussi par une même envie et une même dynamique.
Et peut-être aussi lier les personnes ont fonction des points communs qu’elles ne possèdent pas entre elles pour justement avoir des idées originales et inédites, une sorte de confrontation des idées et des mentalités.
Définir une personnalité est important dans un groupe, et cela aussi permet une cohésion et de la confiance dans le groupe afin justement de fournir le meilleur travail possible et les meilleures idées inimaginables.
Enfin, pour conclure, mon ressenti à la fin de cette séance.
J’ai compris que tout est possible même ce qu’on ne pourrait même pas imaginer.
Tout peut être créé, il faut juste plus d’ouverture d’esprit, plus de confrontations d’idées, et on pourra réaliser un projet qu’on n’osait même pas imaginer au début de l’aventure, tout ça grâce à un travail de groupe et de facilitation.
- qu’est ce qui s’est passé concrètement ?
Nous avons d’abord fait un brain storming autour du mot facilitation pour voir ce que ce mot évoquait pour chacun : création d’opportunités, idées, solutions… Puis nous avons formé des groupes qui ont essayé d’expliciter quelques termes proposés par isabelle comme confiance, contribution, convivialité. Le plus difficile a été non d’expliquer notre conception du mot mais de le faire vivre, de créer une situation pour essayer d’expliquer aux autres notre vision du concept !! Nous avons ensuite tous travaillé sur le terme « contribution » que l’on a assimilé à un jeu de cartes où chacun donnait une carte pour symboliser sa contribution à un projet ou à une idée.
Vous avez dis cartes ? Oui oui, nous avons découvert lors de cette séance les pouvoirs magiques des cartes et tout ce que l’on pouvait en faire. Ainsi, nous avons utilisé les cartes pour mieux nous connaître et connaître les autres, leurs loisirs, leurs lieux de prédilection, leurs POUVOIRS, leurs rêves et j’en passe, pour se rendre compte à quel point chacun de nous est exceptionnel. La deuxième partie du « jeu » consistait à acheter et vendre ces cartes à l’aide de 10 billets. Lors de cette étape, chacun a pu se rendre compte à quel point la monnaie pouvait être restrictive, d’où la création d’une monnaie originale qui est le sourire, pour rappeler que parfois, un sourire c’est gratuit mais le pouvoir qu’il a sur la personne qui en bénéficie est inestimable.
?? qu’est-ce que pour vous le rôle d’un facilitateur ?
Pour moi, le facilitateur ou la facilitatrice est une personne qui aide à comprendre une idée, un concept, tout en les faisant vivre.
-quel est votre ressenti en sortant de cette séance ?
En sortant de cette séance j’étais à la fois contente et émue. Contente d’avoir fait connaissance avec une équipe de travail géniale où chacun est heureux d’être là et de pouvoir consacrer quelques heures de son temps à ce projet et émue d’avoir pu réfléchir sur moi-même, un travail beaucoup plus difficile qu’on ne le pense.
Campus de Lille ou campus de Paris, l’équipe de Créatinove est formée de futurs managers français, en grande majorité. Et il est essentiel de le souligner.
Bien que nous fassions tous partis d’une école multiculturelle, classée n°1 à l’international par le Financial Times, nous sommes pour beaucoup imprégnés de 20 à 21 ans de culture française. Cette culture nous dicte une façon de travailler, d’interagir en groupe et nous dicte certaines valeurs et codes sociaux.
Mais, comme la fusée est un moyen de transport très efficace, une fois parvenu au 3e étage du bâtiment nous voilà propulsé hors de notre petit hexagone, abandonnant tous les schémas d’organisation connus.
Vous vouvoyiez votre maitre de stage, l’appeliez Monsieur?
Ici c’est Isabelle et France, et pas question de vouvoiement! Nos chères geemiks mènent la danse avec un enthousiasme non dissimulé.
Vous faisiez acte de présence au bureau, même s’il n’y avait rien à faire, juste pour prouver que vous effectuez consciencieusement vos heures de travail?
Ici, il n’y a même pas de bureau, l’ensemble de l’étage est à notre disposition, et si ça ne suffit pas, vous pouvez rentrer chez vous! Littéralement! Evidemment, puisqu’aujourd’hui, à l’heure des nouvelles technologies, la vidéoconférence vous permet d’assister au travail en groupe sans même être présent physiquement!
Et cette façon de voir les choses ressemble plus à une approche américaine du travail en groupe qu’à celle française. La fusée aurait-elle atterri de l’autre côté de l’Atlantique?
C’est alors que s’est posée la question fatale : une telle ambiance permettrait-elle plus d’efficacité?
Il faut partir du principe qu’une équipe soudée et une équipe plus efficace :
si vous connaissez vos équipiers, leurs points forts, partagez une complicité avec eux, alors votre travail n’en sera que plus rapide et meilleur.
Ce qui nous empêche d’être proche des personnes qui nous entourent, de ceux qui sont encore des étrangers pour nous, est essentiellement le fruit de codes sociaux, de craintes de l’inconnu.
Nous ne pouvons pas être nous-mêmes, parfaitement détendus, car face à des inconnus nous ne cessons de nous surveiller nous-mêmes, de nous retenir, comme si l’on tirer les rênes de chevaux prêts à partir au galop.
Ainsi, pour créer une équipe soudée, il s’agit de casser ces codes, cette restriction, d’apprendre à se connaitre les uns les autres dans une ambiance détendue où nous avons tous accepté de suivre les règles : de ne pas juger et donc de ne pas se sentir jugé.
Pour parvenir à une équipe soudée, il nous faut donc faciliter les échanges, les fluidifier, les désencombrer de tout ce qui pourraient les gêner. D’où le besoin d’un « facilitateur » au sein d’une entreprise.
contribution, échange, partage, confiance, intelligence collective…
Que pourrait donc faire ce facilitateur?
Il a pour objectif de rassembler, et cela doit passer par la contribution de tous, des échanges, un partage, de la confiance et une intelligence collective.
Une fois ces 5 points facilités, nous aurons une équipe qui marche.
En terme de contribution, tous doivent agir. le but étant de se sentir impliqué, de partager, d’apporter sa pierre à l’édifice. Cette étape est essentielle puisque « chacun de nous est unique », il en va donc de la richesse du projet.
Prenons un groupe de 5 personnes, demandons à chacun d’entre eux de donner un bout de phrases. En mettant leurs résultats côte à côte, on obtiendra une petite histoire.
Appliqué à notre petit jeu, chacun a apporté une de ces particularités avec lui : une connaissance d’outils informatique, de recettes de cuisine ou une habilité pour le jonglage!
Mais peu importe ses diplômes ou son âge, une personne est incapable de tout savoir, de tout connaitre et se doit d’être spécialisée. Rentre alors le besoin d’échange avec ses coéquipiers. Et réciprocité rime aussi avec égalité, ce qui permet d’avoir un sentiment de justice et de bien-être donc.
Afin de matérialiser cet échange, nous avons fabriqué des cartes faisant office de monnaie et nous nous sommes assis en cercle – les parisiens étant eux entassés dans une fenêtre de l’ordinateur, lui même occupant une place de ce cercle.
Afin de former une unité, nous avons besoin du partage plus que de l’échange : transmettre aux autres nos passions, nos connaissances, afin de s’enrichir les uns les autres et de se sentir connectés, par des intérêts communs.
C’est pour ça que nous avons offert, lors de notre séance CREATINOV, de partager nos compétences propres avec nos coéquipiers, un membre du cercle après l’autre, les autres manifestant leur intérêt pour l’offre en donnant une carte, un sourire ou un bisou à l’offreur.
Pour qu’une équipe fonctionne sans anicroche, ses membres doivent avoir une confiance mutuelle, autrement la suspicion et le doute viendront semer le trouble et empêcher le bon déroulement du mécanisme. Sans confiance, il est impossible de déléguer, de gagner du temps et de l’efficacité donc. De plus, sentir que l’on a la confiance de ses pairs nous donne plus de responsabilités, d’assurance et nous encourage dans la réussite.
Pendant notre petite simulation, la confiance était implicite puisqu’aucun d’entre nous ne se serait livrer à un échange s’il pensait que les personnes proposant leurs compétences n’étaient pas de bonne foi.
Finalement, l’intelligence collective permet d’agir chacun à notre échelle pour former un dessein plus grand, comme l’illustre les instrument de l’orchestre.
C’est ainsi qu’en offrant chacun d’apporter notre contribution, nous avons mis en place un vaste marché d’échange de services.
Grâce à ce petit jeu, j’ai ressenti que l’échange avec mes autres camarades était grandement facilité, j’avais moins de craintes et d’auto-restriction qu’en arrivant.
Maintenant, je brûle d’impatience de créer une tour en spaghettis et marshmallows!
Qu’est-ce qui s’est passé concrètement ?
Après une bref présentation du mode de fonctionnement nous nous sommes penchés sur la découverte de la signification de nouveaux mots (associés à de nouvelles fonctions) et plus particulièrement le facilitateur.
Petit brainstorming de départ, où chacun apporte sa vision et ses idées sur le mot, chacun générant des idées chez les autres. Nous y avons associé des rôles et aussi lié le mot au notions de facile et difficile avec ce qui en découle pour chacun et chacune d’entre nous.
Ensuite, nous avons réfléchis en petits groupes, chacun sur un sujet particulier assez large. Le notre était par exemple l’échange et la convivialité. Une fois la réflexion terminée, chaque groupe a présenté à l’ensemble des participants sa concrétisation du sujet.
La seconde partie de l’après midi s’est attachée à la création de carte, symboles de nous mêmes sur différents thèmes puis à un jeu de partage où chacun offrait des cours de son savoir aux autres participants, chacun payant avec sa monnaie. La grande leçon tirée de ce jeu fut que nous ne sommes restreint que par nos propres règles et notre manière de penser.
Voilà globalement ce qui s’est passé dans le courant de l’après midi du 7 octobre 2010.
Qu’est-ce qu’un facilitateur ?
Je présume qu’il y a autant de manière d’expliquer le facilitateur qu’il y a d’êtres Humains sur terre, voici la mienne :
C’est une personne qui s’attache à rendre plus facile ce qui est perçu comme difficile. Cependant, cette personne n’est pas la pour donner une réponse toute faite, il/elle met sur la voie.
C’est quelqu’un qui aide à concrétiser, qui offre une nouvelle vision, un nouveau point de vue. Le tout de manière interactive et ludique.
Quel est votre ressenti ?
Assez, pour ne pas dire très déroutant de prime à bord. C’est une expérience d’apprentissage tout à fait nouvelle et diamétralement opposée au format scolaire classique.
Je crois que le plus dur est de désapprendre certaines choses qui nous ont été apprise et qui finalement nous bride terriblement.
C’est une expérience très enrichissante dans laquelle nous tous l’un de l’autre, ce n’est pas omnidirectionnel, ni même multidirectionnel, c’est une sorte d’apprentissage par Chaos organisé ! Oo
C’est finalement assez addictif quand on y goute, et on a hâte de participer à la prochaine séance pour découvrir ce qu’elle nous réserve. Le plus dur reste bien sur de revenir après aux cours « classiques » qui prennent par la même, un sacré coup de vieux !!
Ben.
• Qu’est-ce que pour vous le rôle d’un facilitateur ?
Tout d’abord le rôle du facilitateur est très large dans la mesure où chacun d’entre nous dans la vie quotidienne, tant professionnelle que privée, cherche à se « faciliter » les choses à un moment où à un autre. C’est l’étape préalable à la concrétisation d’un projet, d’une idée. Le facilitateur peint de la manière inverse à Kandinsky, il tente de transformer le concept, l’abstrait en chose figurative et concrète.
Le facilitateur a cette capacité supplémentaire à savoir faire au mieux, la synthèse de toutes les idées, les actions personnelles pour les transformer en idées et actions collectives. Autrement dit, il encourage chaque personne du groupe à exprimer sa richesse personnelle afin que des synergies, des complémentarités se dégagent du groupe. Ainsi il a tout d’abord une forte capacité d’écoute et sait bien communiquer. Il dessine les ponts, fait les traits d’union entre les idées émises de chacun afin d’assurer une cohésion de groupe. Le « facilitateur » tient bien son appellation : il démêle le complexe en plus facile sans pour autant perdre la multidimensionnalité des idées du groupe. On perd peut-être seul mais les plus belles victoires se gagnent en groupe.
Socrate a lancé un grand défi à l’homme en disant « Connais- toi, toi-même » mais cela ne se fait-il pas aussi par la confrontation avec autrui ? A l’issu de cette première séance, nous avons vu qu’en confrontant nos idées, nos actions nous élargissons encore plus le champ des possibles. La connaissance de soi est d’autant plus riche quand elle passe par un échange collectif. Le facilitateur qui est l’émanation du groupe décèle justement ces richesses personnelles dont on ne se serait peut être pas rendu compte seul.
• Quel est votre ressenti en sortant de cette séance ?
L’expérience a été très enrichissante. Ce fut une manière originale d’apprendre sur soi et sur les autres. Chacun est habitant d’une bulle personnelle, mais pour un projet l’important est de savoir tous cohabiter entre les habitants d’une même planète. Sur cette planète on expérimente, on partage des émotions et des savoirs, on discute de points de confrontations.
J’ai trouvé le jeu de carte personnalisé très intéressant : il nous fait prendre conscience à quel point nous sommes influencés par notre éducation et notre environnement. Notamment ici, c’est le côté « homoeconomicus » qui a fait surface (ce fameux agent rationnel, cher aux microéconomistes, qui maximise sa satisfaction sous contrainte du revenu). Alors qu’il n’y avait pas de règles du jeu imposées, souvent, notre premier réflexe a été d’économiser notre monnaie d’échange pour « acheter » les services qui nous intéressaient le plus. Justement échanger dans un groupe permet de dépasser cette logique.
Apprendre par expérience, voilà une autre manière d’apprendre qui attire l’attention.
- qu’est ce qui s’est passé concrètement ? Nous avons d’abord fait un brain storming autour du mot facilitation pour voir ce que ce mot évoquait pour chacun : création d’opportunités, idées, solutions… Puis nous avons formé des groupes qui ont essayé d’expliciter quelques termes proposés par isabelle comme confiance, contribution, convivialité. Le plus difficile a été non d’expliquer notre conception du mot mais de le faire vivre, de créer une situation pour essayer d’expliquer aux autres notre vision du concept !! Nous avons ensuite tous travaillé sur le terme « contribution » que l’on a assimilé à un jeu de cartes où chacun donnait une carte pour symboliser sa contribution à un projet ou à une idée. Vous avez dis cartes ? Oui oui, nous avons découvert lors de cette séance les pouvoirs magiques des cartes et tout ce que l’on pouvait en faire. Ainsi, nous avons utilisé les cartes pour mieux nous connaître et connaître les autres, leurs loisirs, leurs lieux de prédilection, leurs POUVOIRS, leurs rêves et j’en passe, pour se rendre compte à quel point chacun de nous est exceptionnel. La deuxième partie du « jeu » consistait à acheter et vendre ces cartes à l’aide de 10 billets. Lors de cette étape, chacun a pu se rendre compte à quel point la monnaie pouvait être restrictive, d’où la création d’une monnaie originale qui est le sourire, pour rappeler que parfois, un sourire c’est gratuit mais le pouvoir qu’il a sur la personne qui en bénéficie est inestimable. ?? qu’est-ce que pour vous le rôle d’un facilitateur ? Pour moi, le facilitateur ou la facilitatrice est une personne qui aide à comprendre une idée, un concept, tout en les faisant vivre. -quel est votre ressenti en sortant de cette séance ? En sortant de cette séance j’étais à la fois contente et émue. Contente d’avoir fait connaissance avec une équipe de travail géniale où chacun est heureux d’être là et de pouvoir consacrer quelques heures de son temps à ce projet et émue d’avoir pu réfléchir sur moi-même, un travail beaucoup plus difficile qu’on ne le pense.